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Mémorial du régiment des Fusiliers Grenadiers
Alain Le Coz
Association des Grenadiers d’Ile de France
Association des Fusiliers Grenadiers de Lettonie
Histoire du régiment des Fusiliers grenadiers de la garde
15 décembre 1806 – 15 juillet 1814
8 avril 1815 – 23 septembre 1815
*************
Ce travail est dédicacé à
Eman Vovsi
Premier fusilier grenadier en reconstitution historique,
-This is dedicated to the first Fusilier Grenadier since 1814 -
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Cet historique n’est ni un roman ni une suite chevaleresque, il est fait de dates,
de dizaines de dates glanées au fil d’autres histoires, qui, assemblées, prennent un sens.
C’est ainsi que revit un régiment de la Grande Armée, un de ceux que l’on croit connaître à travers l’imagerie,
la légende impériale, mais dont la véritable histoire reste oubliée.
Ce travail est destiné à tous les reconstitueurs qui portent aujourd’hui l’uniforme du régiment des
fusiliers grenadiers en Lettonie, France, U.S.A., Grande Bretagne et république Tchèque.
Cela les aidera à mieux comprendre ces hommes qu’ils font revivre le temps d’un week end.
Loisir de passion et d’amitié, la reconstitution historique fait renaître des vieilles histoires,
voici l’une d’entre elle, faite de rire et de sang, de jours ou l’on avait 20 ans et des épaulettes
blanches rayées de rouge.
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SOMMAIRE
Appellations du régiment........................................... p.1
Résumé des opérations du régiment........................... p.1
Les principaux témoins.............................................. p.1
Historique du régiment
La création des Fusiliers Grenadiers............................ p.2
Campagne de Pologne........................ p.14
1ére campagne d’Espagne.................... p.21
Campagne d’Autriche........................ p.28
L’année de paix, 1810...................... p.37
2é campagne d’Espagne et Portugal.......... p.43
Campagne de Russie......................... p.57
Campagne d’Allemagne....................... p.82
Campagne de France......................... p.98
Après la capitulation de1814............... p.111
Les 100 jours ............................. p.113
La dissolution............................. p.116
Après l’épopée............................. p.118
Etudes thématiques et documents
Extrait du registre matricule.............. p.120
Les officiers : études diverses............ p.121
Effectifs connus........................... p.126
Drapeau et étendards....................... p.127
Le service de santé........................ p.127
Les cantinières............................ P.129
Bibliographie choisie...................... p.130
La reconstitution historique de l’unité.... p.131
Le 10é bulletin de l’armée (1809).......... p.132
Quelques décorés de la médaille de Sainte Hélène..... p.134
Conclusion générale ................ p.138
Par facilité et clarté, nous appellerons « Fusiliers Grenadiers » le régiment tout au long de cet historique, mais il faut savoir que cette appellation n’est pas la seule :
Appellations officielles du régiment:
- 2é régiment de fusiliers (jusqu’au 16 janvier 1809)
- régiment de fusiliers grenadiers (à partir du 16 janvier 1809)
- Un soldat de l’unité est appelé « Fusilier »
Appellation du régiment par les soldats eux mêmes :
- « Vélites de la garde», « Grenadier vélite » : les anciens vélites rappellent leur passé dans la Garde
- « Fusilier 2é régiment de grenadiers », cela porte confusion avec le 2é régiment de grenadiers à pied
- « Grenadier du 2é régiment » , sans doute valorisante auprès des civils et des dames, cette appellation non conforme est utilisée par le fusilier Michaud dans ses lettres jusqu’à Moscou.
- « Fusiliers grenadiers » dans la pratique , cette appellation est usitée par la troupe depuis 1807
Résumé des opération du régiment des fusiliers grenadiers
Batailles ou il était présent, ayant combattu ou non
Les pays sont mentionnée avec leur géographie actuelle
1806 15 décembre création du régiment
1807 1er janvier colonel major Friederichs
1807 printemps : formation du régiment (France)
1807 10 juin bataille de Heilsberg (Pologne)
1807 14 juin bataille de Friedland (Russie, enclave de Kaliningrad)
1807 automne et hiver, cantonnement à Cherbourg (France)
1808 printemps, sécurisation de la région de Vitoria (Espagne)
1808 14 juillet bataille Del Rio Seco (Espagne)
1808 été bivouac à Santa Maria (Espagne)
1808 29 novembre bataille de Somo Sierra (Espagne)
1808 2 au 4décembre prise de Madrid (Espagne)
1809 printemps retour en France et départ en Autriche
1809 21 juin bataille d’Essling (Autriche)
1809 6 juillet bataille de Wagram (Autriche)
1809 9 juillet colonel major Bodelin
1809 automne, bivouac à Enzersdorf (Autriche)
1810 printemps garnison à Paris et Courbevoie (France)
1810 été automne hiver cantonnement à Angers (France)
1811 printemps sécurisation de la région de Vitoria (Espagne)
1811 été guérilla contre les bandes de Mina et Longa (Espagne)
1811 automne sécurisation de la région de Vitoria (Espagne)
1811 hiver campement a Almeida (Portugal)
1812 printemps retour en France et départ en Russie
1812 27 juillet bataille de Witepsk (Russie)
1812 17 août bataille de Smolensk (Russie)
1812 5 et 7 septembre 1812 bataille de Borodino (Russie)
1812 14 septembre cantonnement à Moscou (Russie)
1812 17 novembre bataille de Krasnoïe (Russie)
1812 fin de l’hiver repos à Posen (Pologne)
1813 printemps, réorganisation du régiment (Allemagne)
1813 13 avril colonel Flamand
1813 2 mai bataille de Lützen (Allemagne)
1813 21 mai bataille de Bautzen (Allemagne)
1813 26 et 27 août bataille de Dresde (Allemagne)
1813 14 septembre major Léglise
1813 16 au 18 octobre bataille de Leipzig (Allemagne)
1813 30 octobre bataille d’Hanau (Allemagne)
1814 11 février bataille de Montmirail (France)
1814 25 mars bataille de la Fere Champenoise (France)
1814 29 et 30 mars bataille de Paris (France)
1814 automne hiver garnison à Metz (France)
1814 dissolution du régiment
(sous le nom de 3é régiment de grenadiers à pied)
1815 18 juin bataille de Waterloo (Belgique)
1815 automne dissolution des unité de la Garde (France)
Les principaux témoins de l’histoire du régiment :
- Bourgogne, Jean Baptiste « Mémoires du sergent Bourgogne »
Utilisé pour la campagne de Russie, de mars 1812 à mars1813
Bourgogne est sergent au 2é bataillon
- Deblais, Félix, sa correspondance est éditée par la librairie Teissédre
Ses lettres vont de fin 1810 à l’été 1811
Deblais est capitaine au 1er bataillon
- Lagneau Louis Vivant « Journal d’un chirurgien de la Grande Armée »
Utilisé de mai 1813 à octobre 1815
Lagneau est chirurgien major du régiment à ces dates
- Michaud, Jean, correspondance publiée par la revue de l’institut Napoléon
Les lettres vont de 1807 à 1812, avec des manques importants
Michaud est un fusilier conscrit de 1807
- Vionnet, Louis Joseph, « souvenirs du général Vionnet vicomte de Maringoné »
Pour juin 1812 à avril 1813
Vionnet commande le 1er bataillon
Les passages repris seront si fréquents qu’ils sont simplement signés « Bourgogne » ou « Lagneau ».
Leurs ouvrages sont donc chaudement recommandés pour une lecture plus complète (voir bibliographie en annexe).
« Si par un hasard que je ne puis prévoir, ces notes tombaient entre les mains d’un historien, il peut en faire usage et être persuadé qu’elles sont de toutes exactitudes. » Vionnet.
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Historique du régiment :
L’empire à deux ans en ces temps de victoires, et son maître entame une réforme de la phalange militaire qui lui est la plus chère : sa Garde Impériale . Au delà de mains règlements revus, un détail important, la création d’une nouvelle unité d’infanterie . Il veut une Garde plus jeune que l’on puisse utiliser souvent, tout en conservant le fameux esprit de pugnacité et de sacrifice qui la caractérise.
Son idée est également de démocratiser le corps, qui a tendance à se refermer sur lui même, en l’ouvrant à la conscription. Très attaché à ses vieux grognards, il va aussi leur donner l’occasion de se distinguer, de prendre du galon, en constituant le cadre d’un régiment, se sera celui des fusiliers.
Durant l’automne, des directives sont envoyées, des rapports vus et revus, des fonds débloqués, on passe des commandes aux fournisseurs, et on intrigue pour y nommé les officiers. Bientôt, l’administration de la Garde reçoit une nouvelle directive, ce ne sera pas un mais deux régiments qu’il faut constituer (le 15 décembre), à repartir dans le corps des chasseurs et celui des grenadiers.
Ainsi est crée le 2é régiment de fusiliers, vite appelé par tous fusiliers grenadiers. Jeune régiment, rapidement mis sur pied, ambitieux, il va bientôt se distinguer par le sang versé, et se faire accepter par les anciens.
Le régiment des fusiliers qui, selon le vœux de Napoléon, est plus « économique », est dans la moyenne garde (voir 16 janvier 1809), et aura toujours ce complexe, celui de n’être pas de la vieille, pas des bonnets d’ours, à l’ombre du prestige. On y entre donc qu’avec une idée : en sortir ! On cherche la grande porte, celle de la promotion, de la légion d’honneur, du retour en tant que caporal dans « la vieille », officier dans la ligne ou général auprès d’un grand maréchal.
Certes, on en sortira général, officier et sous officier, grandi, et cela tant que l’empire français étend ses ailes d’aigle sur l’Europe en feu, mais la guerre est redoutable, et lorsque l’aigle connaît l’hiver, puis les plaines allemandes, nos jeunes fusiliers connaîtrons un sort terrible. Mais retournons en cette année 1806, au temps ou tout les espoirs sont bien présent :
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